Salut à tous, je viens parler ici d’un sujet qui me tient à cœur : celui de la presse étudiante. Je suis actuellement en fin de 2eme cycle (à l'EPSCI) et je m’y suis plongé à l’occasion de ma recherche d’un 3eme cycle de qualité (car l’offre de formation est vraiment pléthorique).
J’ai ainsi eu l’occasion de feuilleter divers magazines et me suis vite aperçu de la grande incompétence et/ou subjectivité de tous les pseudos journalistes qui officient en qualité d’es experts en formation ou en culture du marché du travail.
Je vais tout d’abord manifester mon mécontentement face à ces « journaux » gratuits qui inondent les entrées de facs et d’écoles tels Studyrama, Transfac, Jeunes à Paris… dont la subjectivité et la méconnaissance des établissements et des offres de formation est telle qu’à chaque fois je suis à deux doigts de mourir de rire en lisant leurs pseudos articles. Ce que je ne supporte pas c’est la subjectivité de ces magazines où on ne distingue plus le véritable article de la publicité pour l’établissement…Genre : « Tout le monde il est beau tout le monde il est gentil », le pays merveilleux où toutes les écoles après le bac sont considérées comme des « grandes écoles »par les recruteurs, où tout le monde va sortir de sa formation avec un salaire de 35 KE/an, où aucun établissement privé de s’amuserait à dispenser des formations bidons ni reconnues par l’état ni par les entreprises…
Vous allez me dire : « oui mais on sait bien que tous ces magazines type studyrama ou transfac sont bidons, ils sont payés par les écoles et par conséquent n’ont pas intérêt à émettre des critiques sur ces mêmes écoles »…Oui c’est vrai mais ca me rend fou ! ! !
Il faut savoir qu’un magazine comme studyrama n’hésite pas à mettre en première page un titre comme « l’ISEG Bordeaux : une école en expansion » ou encore autre morceaux de choix : « l’INSEEC est également devenu une référence en ce qui concerne les Masters Spécialisés : elle en propose 14 » (Le masters spécialisé est un diplôme fictif, qui n’existe tout simplement pas et qui est un terme inventé par l’INSEEC elle-même, et souvent quantité ne rime pas avec qualité! ! !).
De plus ce type de magazine entretient la confusion entre les différents types de diplômes (notamment sur les masters européens où visiblement aucun journaliste n’a jamais compris le fonctionnement et l’habilitation). Ainsi Transfac se permet de dire « l’ECE Bordeaux s’inscrit dans la dynamique de la reforme européenne en proposant une 5eme année à l’étranger »… alors bien sur que l’ECE n est absolument pas habilitée à délivrer le grade de master européen car cette école ne fait même pas partie de la conférence des grandes écoles…
Enfin bref, tout ça pour vous dire que sur les 50 pages que proposent ce type de journaux, aucune n’évoque une vraie école digne de ce nom (par vraie école j’entends écoles membres de la cge et qui délivre de préférence le grade de master).
Il n’y en a que pour les ISEG, ESM-A, ISEFAC, ICOGES, lnstitut Weller, les écoles du Pôle Leonard de Vinci…en fait c’est simple, si vous voulez savoir si une école est bonne, et bien dans ce cas elle n’apparaîtra jamais dans ce type de magazine.
J’en suis même à me demander si ce ne sont pas les écoles bidons qui ont créé ces magazines pour que l’on parle d’elles.
Attaquons nous maintenant à un gros morceaux : le magazine L’Etudiant , magazine « tout beau tout rose » lui aussi, incapable de la moindre critique et de la moindre objectivité quant aux formations dispensées. Tout le monde se rappelle du classement de ce magazine de 2001 qui élisait l’ESC Troyes comme la meilleure école de commerce de France; outre la franche tranche de rigolade qu’a entraîné cette annonce, faisons remarquer qu’aujourd’hui l’ESC Troyes est au bord de la faillite…bravo les journaleux ! ! !
La méconnaissance du marché du travail actuel chez les journalistes de l’Etudiant est aussi scandaleuse, chaque parution fait l’éloges de filières que l’on sait complètement bouchées. Ce magazine fait miroiter de formidables débouchés pour les étudiants de lettres ou de sciences humaines alors que tout le monde sait que les jeunes diplômés de ces filières sont très nombreux sur le carreau. Il est très rare de voir un dossier dans les secteurs porteurs tels la logistique, la compta, l’audit, voire les métiers techniques et manuels qui sont devenus aujourd’hui une vraie mine d’or ! ! Trop d’articles traités par l’étudiants sont relatifs à la socio, à la psycho et ne préviennent pas du nombre très limité de débouchés à la sortie. Le mensuel du mois d’ Avril disait que s’engager dans la filière AES était une bonne idée à l’heure actuelle! ! !
Je reproche également à l’Etudiant son manque de sens critique et son maniement de l’euphémisme, en effet ce magazine ne dira jamais clairement qu’une formation est mauvaise, trop chère, en inadéquation avec le marché du travail…Pourtant c’est leur rôle, et c’est uniquement ce qu’on leur demande. J’ai d’ailleurs relevé un passage absolument scandaleux dans le mensuel de Mai à propos des Bac+3.
Cet article faisait état des différentes formations proposées à un niveau bac+3 (licences pro, DNTS, DEESMI…) et l’article disait « bac +3 haut niveau d’expertise…blah blah…en ce qui concerne les DEESMI- DEESMA- DEESCOM (Diplomes d ‘etudes europeennes superieures), autant vous prévenir, elles n’ont d’européennes que le nom et il convient de s’informer quant à la qualité de l’établissement qui les délivre »…Alors que tout le monde sait que ces diplômes (DEESMA-MI-COM…et tout le reste) sont des diplômes on ne peut plus bidons qui ne sont reconnus ni par l’état ni par les entreprises et qui sont délivrées par des groupes dont la mauvaise réputation et l’appétit mercantile ne sont plus à démontrer (ICOGES, ISEG, ISEFAC, Leonard de Vinci…). L’Etudiant aurait clairement dû dire que payer 30 000 francs pour 300heures de cours pour un diplôme non reconnu c’est scandaleux…et bien non, ils disent leur petit truc sur l’information…c’est dingue non ?
Je trouve également choquante la profusion d’écoles privées de commerce ou de gestion : il y en a beaucoup trop, il est temps que l’état réglemente tout ça et accorde un droit d’exercer ou non. La plupart des écoles privées n’apportent aucune plus value par rapport aux formations universitaires comme les IUP MSG MST DESS alors pourquoi auraient-ils le droit de facturer 5 KE/an à des élèves crédules ?
Il ne faut effectivement pas se leurrer, la plupart des écoles de commerce ou autres privées sont de grosses pompes à fric, la majeure partie ne sont pas sérieuses quels que soient les domaines : dès que l’on peut faire une comparaison, les formations publiques sont souvent d’un bien meilleur rapport qualité-prix. A titre d’exemple un DUT Logistique est bien plus apprécié par les entreprises qu’un BTS Transport (privé) ou encore une école privée à bac+4. Cet exemple est bien précis mais assez significatif.
Attention, c’est maintenant que j’attaque le gros morceaux car je trouve également stupéfiants les classements ou palmarès de salaire à la sortie établis par de grands hebdomadaires ou mensuels tels Le Point ou l’Expansion, les salaires annoncés à la sortie des établissement relèvent tout simplement du délire ! ! Ici aussi c’est « Alice au Pays des merveilles ». Si on peut toutefois faire confiance aux salaires des 10 plus grandes écoles de France (HEC, Polytechnique, Centrale…), après les salaires sont incroyablement majorés ; ainsi le guide des écoles de commerce du Nouvel Observateur de 2003 faisait état des salaires des sortants de l’INSEEC pour 37KE Brut annuel ! ! ! Du délire total ! ! Je connais plusieurs personnes qui sont à l’INSEEC et bien croyez moi c’est pas la joie, il y en a un qui enchaîne stage sur stage, une autre fait des petites missions en intérim, quelqu’un qui a fait un master à l’INSEEC s’est vu mener en bateau pendant un an en bossant au noir… Pour autant, je ne critique pas l’INSEEC, c’est une bonne école, je tente uniquement d’illustrer le degré de délire dans lequel vivent les journalistes qui établissent ces palmarès. Car croyez moi, osez demander à un recruteur 37 KE pour un 1er emploi en ne sortant pas de l’ENA…et bien croyez-moi qu’il risque de vous remercier dans les quelques secondes qui suivent avec quelques gloussement d’hilarités… Et oui, le marché du travail n’est pas rose pour les jeunes diplômés, il est même plutôt noir charbon et les grilles de salaires des grandes entreprises font plutôt état de salaires proches de 27 KE/an pour tous les jeunes diplômés quels que soient leurs bac+5 (car oui en dessous, il n’y a maintenant plus aucune chance d’être embauché en tant que cadre). J’ai pour exemple plusieurs personnes qui ont fait une MSTCF comme moi + DESCF et qui ont été embauchées chez KPMG à 25KE/an (secteur non marchand quand même) ! Et oui même dans les boites les plus « prestigieuses » les salaires plafonnent pour les jeunes diplômés. Un bref coup d'oeil aux offres de Courrier cadres par exemple renseigne nettement mieux sur les prétentions des divers jeunes diplômés et on s’aperçoit que ca tourne autour de 27-28KE pour les ESC, DESS et ingénieurs.
Tout ça pour dire que les écoles produisent des chiffres faux et que les entreprises elles mêmes fournissent des chiffres rassurants à la presse pour continuer à se donner une bonne image de marque (non c’est pas vrai 50% de notre personnel n’est pas constitué de stagiaires sous convention de stage, non c’est pas vrai…
. Mais on sait bien que le personnel de la plupart des grandes boites est constitué de 10 à 20% de stagiaires payés au lance-pierre e qui parfois ont obtenu leur diplôme mais continuent sous ce statut excessivement précaire car il ne trouvent rien d’autre…Elle est là la réalité ! ! Elle est pas dans les 30KE/an que prétend l’expansion pour les titulaires de licence-maitrise de droit…du délire, il y a 25 000 avocats sur Paris, les 3/4 survivent avec l’aide juridictionnelle et ne touchent pas le SMIC…Ce même magazine annonce des salaires de 28KE pour les licence – maitrise de lettres, alors qu’on sait bien que 20% d’entre eux sont au chomage 3 ans apès leur diplôme…C’est vraiment de la désinformation.
Pour ce qui est de la méconnaissance du marché du travail, elle est tout aussi flagrante, en effet, Le Point en évoquant les écoles d’ingenieur titrait « Ne pariez pas sur la pénurie prévue » ! ! ! Non mais de quoi tu parles toi ? ? Quelle pénurie prévue, il y avait que toi pour être au courant mon grand car il n’y a jamais eu autant d’écoles d’ingénieur ( et donc de diplômés en sortant ) qu’aujourd’hui, alors personne n’a jamais entendu parler de cette pénurie. Et je ne vous parle même pas de certains articles de Capital (le gala de la presse économique) dont les conseils laissent songeurs.
D’autant que la majeure partie des journalistes qui établissent ces articles sur la formation supèrieure sont tout à fait incompétents, ils se laissent avoir par des pièges aussi simples que membre ou accredité AACSB (Le nouvel obs a mis que l’ESG et l’ESC Reims étaient accrédités AACSB…lol). De plus aucun d’entre eux ne sauraient vous expliquer la différence entre un Master un Mastere Specialisé un Magistère et un faux Master d’école de commerce par exemple…Ils tombent aussi dans le piége de la confusion des sigles. De toute façon il faut bien se dire que les journaleux qui pondent ces articles ne sortent probablement pas du CELSA.
J’en profite également pour foutre en l’air le cabinet SMBG qui se permet lui aussi de facturer des prestations de 1000Euros pour des conseils bidons et pour forcer la main de ses clients à rentrer dans des formations peu selectives pour être certain d’être payé. Je trouve scandaleux qu’un journal comme le nouvel obs s’inspire de ce classement pour évaluer les 3emes cycles en arguant que « le classement SMBG a le mérite d’exister ». Comment une petite SARL de Montreuil n’accueillant que des petits gosses riches (plutot mauvais car ils ont besoin de conseils ) se permettrait de faire un quelconque classement des meilleures formations ? C’est à l’état ou aux labels Internationaux de réglementer cela et ils le font bien.
Et alors comment choisir une école si aucune documentation n’est fiable ? ? Et bien faites confiances aux labels nationaux et internationaux, au niveau International (attention les écoles jouent sur les mots, etre membre d’un label ne signifie rien, il faut être ACCREDITE), pour les écoles de commerce l’AACSB accrédite les meilleures écoles viennent ensuite le Label Equis et l’appartenance à la conférence des grandes écoles. Prochainement l’attribution du grade de master européén par la commission Helfer va créer un label de qualité suplémmentaire qui ne saura delivré qu’aux très bonnes formations. Sorties de ces écoles de commerce-ci, le reste est à observer avec la plus grande méfiance, il y a beaucoup trop d’écoles reconnues au niveau national (visa, reconnaissance et homologation) et un équivalent existe probablement dans le public pour une qualité meilleure et un coup bien moindre…
Pour ce qui est des écoles d’ingenieurs, verifiez qu’elles appartiennent à la cge et soient habilitées par la commission des titres d’ingénieurs. Le grade de master est aussi passé par là en étant attribué de plein droit aux titulaires de diplôme d’ingenieurs CTI d’une école PUBLIQUE. Là aussi grosse méfiance, ne vous méfiez pas de ce qui est écrit dans les plaquettes, les pubs ou les articles, nombreuses sont les écoles qui s’intitulent « d’ingénieur » sans l’être vraiment.
Voilà et bien en gros j’ai finis, j’ai peut êre oublié quelques petites choses, mais le fond de ma pensée est bien présent. Vous voyez que ce sujet me tient à cœur mais je n’accepte pas que certaines entreprises fassent perdre plusieurs années et beaucoup d’argent à des enfants ou des parents crédules qui font un peu trop confiance aux requins de la formation.
Merci de votre attention en tout cas.